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Le Brexit semble déjà faire des émules outre-Léman : un sondage récent indique qu’une majorité de Suisses seraient favorables à une sortie de l’Europe géographique. L’éventualité avait déjà été débattue en février mais oubliée après le vote unanime du Conseil Fédéral : sept abstentions.

Ce n’est que depuis hier, après la parution d’une enquête annonçant pas moins de 3% d’intentions favorables à la sortie (contre 1% défavorables et 96% d’avis non exprimés) que la rumeur commence à gronder chez nos voisins Helvètes. Ce sondage sans précédent fait grand bruit, car comme le souligne Nicolas Viki-Herze, un confrère journaliste Lausannois : « Il est très rare chez nous qu’un sondage permette de dégager une tendance si nette. Le référendum semble inévitable ! »

Une motivation avant tout économique

Parmi les partisans du « Schweiz raus!, » on retrouve certains actionnaires de grandes maisons du Luxe, tels que M. Sion, important investisseur de l’horlogerie : « L’Europe ne représente en réalité qu’une partie très faibles de nos marchés ; la plupart de nos ventes se font aujourd’hui au Moyen-Orient et en Asie ! Imaginez les retombées économiques que pourraient avoir un rapprochement géographique ! Il faut savoir vivre avec son temps et revenir à l’authenticité des relations de proximité pour espérer rester leader. »

D’autres « Schweizherausdrücker« , comme on les appelle simplement, voient là une occasion de se débarrasser de fléaux tels que l’immigration, l’invasion des frontaliers Français et la menace syndicaliste.

Une destination encore floue

La question des potentielles nouvelles frontières reste en suspend. Si les supporters de l’Asie demeurent majoritaires, les pro-Américain se font de plus en plus entendre. Souhaitant ne pas prendre partie, beaucoup plébiscitent même une installation dans le détroit de Béring afin d’être frontalier des deux continents. Les actuels relents de guerre froide poussent certains jusqu’à pointer du doigt, avec un cynisme flagrant, les avantages que peuvent induire la proximité de deux pays en conflit, évoquant le substantiel enrichissement du pays durant la seconde guerre mondiale.

Une place à prendre

Aucun gouvernement ne s’est encore prononcé officiellement sur une volonté de s’implanter à l’emplacement de la Suisse si celle-ci était amenée à s’exporter, mais on sait déjà que la Belgique pourrait saisir l’opportunité pour mettre de la distance dans les relations Wallons/Flamands, remarquant avec humour que « les Français n’y verraient que du feu, la plupart croyant, grâce à Coluche, que Suisse et Belgique sont un même pays ! »

Le ministre des affaires étrangères du Timor-Oriental aurait quant à lui dit en off que « ce pourrait être une solution pour que l’on arrête de nous demander où est notre pays. »

B.Ponne