Psychanalyste , il confiait ses patients à un perroquet pour aller au...

Psychanalyste , il confiait ses patients à un perroquet pour aller au PMU

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Paris – Le mode opératoire était bien rodé. Michel Prigent, psychanalyste de 55 ans à la voix abîmée par le tabac, démarrait ses séances de thérapie avec son patient, s’éclipsait une heure ou plus, puis revenait, comme si de rien n’était, terminer la séance et encaisser la consultation. Il aura fallu attendre un « bug » du perroquet pour que la supercherie soit finalement révélée et l’homme mis en examen.

Le « conure veuve » est l’une des rares espèces animales qui possède la capacité d’apprendre et de répéter des mots. « Sigmund », le perroquet de Michel Prigent, en connaissait une dizaine : de « je vois » à « hmm oui » en passant par « continuez« , le volatile avait été entraîné par le praticien pour enchaîner aléatoirement ces expressions en présence d’humains en train de parler. Le perroquet Sigmund et le psychanalyste ayant des voix étonnamment similaire, les patients n’entendaient pas la transition. Michel Prigent posait la cage contenant l’oiseau sur sa chaise et sortait discrètement de l’appartement situé dans le 17ème arrondissement.

Risquant la radiation à vie de l’ordre des psychanalystes, Michel Prigent se défend en mettant en avant l’efficacité thérapeutique de sa méthode :

Parler à un psychanalyste ou à un perroquet, quelle différence ? L’aspect thérapeutique d’une psychothérapie réside dans le fait de se confier.

A-t-il expliqué aux policiers, ajoutant qu’il y a « quelque-chose de rassurant, de maternel et d’instinctif » dans le fait de se confier à un animal, surtout lorsque celui-ci répond. Pour lui, ses patients croyaient toujours parler au psychanalyste, mais leur inconscient savait et « acceptait silencieusement ».

Quelque-part, le perroquet est meilleure oreille que le psychanalyste, car son détachement est vraiment total. Il est impassible et stoïque. J’ai peut-être révolutionné notre discipline, et on veut me condamner pour cela

Lors de ses escapades, le « psy » profitait de l’obscurité et, son patient confortablement allongé dans un divan, il descendait les 3 étages de son immeubles pour se rendre au bar PMU « Le petit Nice » où il pouvait s’adonner à sa passion des jeux d’argent.

C’est une femme de ménage, nouvellement embauchée, qui va involontairement mettre un terme à la supercherie. Selon une voisine du praticien, cette dernière n’aimait vraisemblablement pas les animaux et insultait « très grossièrement » le perroquet. Elle aurait donc sans le vouloir développé le vocabulaire du volatile. Des mots que ce dernier aurait utilisé lors de sa dernière « consultation » et qui ont fortement choqué un patient dépressif en pleine thérapie :

Je racontais un épisode douloureux de mon enfance, des détails très intimes, des abus dont j’ai été victime, quand M. Prigent m’a traité de « gros dégueulasse ». J’ai continué, me disant que j’avais mal compris, mais il l’a répété, ça et aussi « merde » et « faut t’empailler ». Quand je me suis levé du canapé, il avait disparu… J’ai fini par appeler la police

Mis en examen pour vol aggravé et rupture du serment d’Hippocrate, Michel Prigent risque jusqu’à 200 000 euros d’amendes et 6 mois de prison avec sursis. Une condamnation que l’avocat du psychanalyste compte bien réduire ou annuler en mettant en avant la satisfaction des patients, apparemment « ravis » de leur docteur à plumes.

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