Monthly Archives: mai 2014

La ministre de la culture Aurélie Filippetti a finalement tranché : c’est l’artiste Gandhi Djuna, plus connu sous le pseudonyme de « Maitre Gims » qui assumera la prestigieuse responsabilité de ré-écrire les paroles de l’hymne français. Le grand chantier de la rénovation de la Marseillaise, au point mort depuis plusieurs années, s’est vu accéléré ces derniers jours suite à la polémique suscitée par le refus de Christiane Taubira de chanter l’hymne lors d’une commémoration de l’abolition de l’esclavage.

« un cool flow que va kiffer Filippetti »

Ils étaient 19 artistes pré-sélectionnés : Michel Sardou, Booba, Daurade de Roubaix, Yannick Noah, Charles Aznavour, Florent Pagny ou encore Patrick Sébastien. Mais l’unique gagnant, sélectionné par un panel d’experts trié sur la persienne, est bel et bien le rappeur/compositeur Maître Gims. « Monsieur Djuna incarne les valeurs de la France d’aujourd’hui, qui devraient naturellement se refléter dans les paroles de son hymne national » a déclaré Aurélie Filippetti.

« La Marseillaise raconte les guerres d’antan, mais aujourd’hui la guerre est économique, sociale, une guerre pour l’égalité, l’acceptation d’autrui, le partage et la justice que Monsieur Djuna représente avec justesse. Un pays qui ose réformer son hymne, et qui confie cette responsabilité à sa jeunesse métissée et dynamique, est un pays qui va de l’avant ».

« vi-ra et blé-con »

L’iconique rappeur s’est déclaré « vi-ra et blé-con » du choix du ministère et promet une Marseillaise « chanmé » :

« La Marseillaise à  Meu-gui ça va être chanmé, J’vais allumer dame Eiffel comme une grande cheminée, un cool flow que va kiffer Filippetti, just comme Duflot la clique et Sarkozy, à la first écoute y vont faire « what the fuck », voudront m’expédier au Congo dans un truck, mais bien vite y s’ront tous pretty à l’aise, kické par la vibe de ma Marseillaise »

a déclaré le compositeur lors d’une conférence de presse, laissant augurer une modernisation plutôt radicale des paroles.

Seul à s’être exprimé pour le moment, Jean-François Coppé a déclaré « vivement » soutenir ce choix : « Pour une fois que la gauche fait preuve d’audace et d’initiative, je ne peux que féliciter et soutenir madame Filippetti; Cet hymne a grand besoin d’être dépoussiéré et un artiste jeune et talentueux comme Maître Gims, que par ailleurs j’écoute avec plaisir occasionnellement, saura se montrer à la hauteur de sa mission, j’en suis sûr ».

Rennes – Plus qu’un défi, c’est à une véritable expérimentation sociologique que s’est livré Antoine Garrot, un jeune infirmier Rennais de 26 ans. Lassé par l’hypocrisie, omniprésente selon lui sur le célèbre réseau social, il s’est lancé le défi de répondre en toute honnêteté et spontanéité à chacune des publications qui apparaîtraient sur son « mur » pendant 24 heures. Largement relayés par la presse locale, présente sur place lors de l’exploit, les résultats sont pour le moins édifiants.

Vendredi, 8 heures du matin, c’est le moment choisi par Antoine pour commencer l’expérimentation. Un mug de café fumant à la main, il s’installe devant son écran et ouvre Facebook sur son navigateur. Bientôt, un premier message apparaît et les « règles du jeu » qu’il s’est fixées l’obligent à répondre :
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« Je me sens soulagé d’un énorme poids ! Ça faisait un moment que je voulais balancer ça. Là je pense qu’ils m’en veulent aujourd’hui mais dans quelques temps ils me remercieront, surtout Brice » commente Antoine, dont les deux commentaires assassins viennent instantanément de lui faire perdre 4 amis. Enhardi par cette première expérience, il continue ainsi toute la matinée. Parfois ses commentaires sont acerbes, parfois ils sont sincèrement bienveillants mais toujours, Antoine se contraint à une parfaite honnêteté. 

C’est aux alentours de midi, alors qu’il mange un sandwich tout en continuant de scruter son écran, qu’un commentaire d’une jeune femme prénommée « Vaness » fait réapparaître un fil de discussion commencé de la veille, qu’il s’était alors abstenu de commenter. Mais cette fois, Antoine « se lâche » et ses doigts déchaînés frappent le clavier, libérant brutalement une frustration lentement accumulée depuis des années  d’utilisation plutôt passive du réseau social :

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Cette débauche soudaine de franchise lui coûtera pas moins de 57 amis – « Ça fait le tri, de toutes façons, je ne connaissais même pas la moitié de ces gens » relativise le jeune homme avec sagesse, visiblement soulagé de pouvoir enfin laisser s’exprimer des émotions trop longtemps refoulées.

A l’issue de l’expérimentation, Antoine aura « perdu » la moitié de ses « amis ». Blanche Martinot, sociologue et maître de conférence à la faculté de sociologie de Rennes ne semble pas surprise par ce résultat : « La plupart des personnes qui se sont senties agressées par les commentaires d’Antoine savent qu’il a raison, mais socialement, et particulièrement en public,cela est pris pour une déclaration de guerre. Parallèlement, il y a également le cas des personnes qui refusent de voir une certaine vérité en face, qui n’assument pas un aspect de leur vie, comme la médiocrité de leur couple ou leur physique disgracieux; Et là, Antoine agit comme un révélateur, comme un électrochoc... et une telle décharge n’est jamais agréable, même si d’après moi, elle est nécessaire ». Conciliante, la sociologue se montre particulièrement indulgente vis-à-vis des commentaires parfois brutaux du jeune infirmier; Jusqu’au commentaire suivant, où, elle même jeune maman, la jeune femme se sentira aussi attaquée :

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